Pas de place,
Trop de monde,
La foule,
Immense,
Convoquée,
Recensée,
Pas de place pour eux,
Ni pour leur âne,
Ils sont deux, bientôt trois,
Raison de plus,
Et puis les cris de l'enfant...
Dans la nuit qui tombe,
Pas de place,
plus de place,
Il ne reste rien.
Rien sinon ...
Les bêtes,
Le dehors,
Une étable,
Oh pas une étable chauffée à température égale,
Pas une stabulation libre,
pas une étable avec isolation phonique et éclairage tamisé...
(si si ça existe !)
Juste une grotte
pour les bêtes,
et qui pue...
(même si ça ne se dit pas)
C'est le seul endroit,
déserté par les hommes,
sinon par les bergers ...
A l'écart de la ville
(tiens donc !)
Pas de place ailleurs,
c'est là qu'il vient,
Là qu'il ouvre les yeux,
Et qu'il voit notre monde,
Premiers regards sur l'humanité.
Il vient au monde,
et contemple.
Et sourit.
''C'est là,
C'est tout à fait pour cet endroit que je suis né.
Ce sont ces lieux là que je veux habiter.
C'est la seule place qu'ils me laissent.
Eh bien c'est celle que j'occuperai désormais.
Leurs étables,
Là où vivent leurs bêtes,
Intérieures,
Là où leur humanité ne met pas les pieds,
Ce qu'elle feint de ne pas connaître,
De ne pas fréquenter,
parce qu'elle en a peur.
Cette place à l'écart de leur vie 'publique-officielle-façade'
C'est Ma place,
Je vais occuper toute cette place là.
Tout cet espace de leur humanité...
et là je vais apporter la vie
Ma vie''
Et Dieu sourit à l'idée de ces hommes qui ont voulu l'écarter dès sa naissance,
Dieu sourit et s'amuse...
Dans la nuit des hommes,
C'est le matin de Dieu,
son premier sourire.
En regardant le monde,
Il croise Marie, Joseph,
Et sourit tendrement.
C'est le matin de Dieu,
C'est la nuit des bergers,
C'est nuit dans nos c½urs d'hommes.
Quand il ouvre les yeux
il ne voit que nos bêtes,
nos 'pailles-poutres',
nos odeurs de 'pas-sainteté'...
C'est là qu'il se tient,
Qu'il vient,
Qu'il naît,
Qu'il sourit
et rayonne !
Plus de place,
Il a pris sa place,
Celle qui restait libre,
Celle qu'il a peut être choisie.
Personne ne l'en délogera désormais,
Jusqu'à la fin des temps...
Noël c'est la fête du 'pas-de-place-pour-Dieu'
qui se trouve quand même une place au plus obscur de nos vies...
et qui y reste quoiqu'il arrive...
Joyeux Noël